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 Le conte

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Thers
plume de bronze
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Nombre de messages : 10
écrivain fétiche : Edmund White
Date d'inscription : 29/04/2006

MessageSujet: Le conte   Ven 5 Mai à 21:37

Il était une fois dans un pays lointain une petite fille qui jouait tous les jours dans de vertes prairies. Un petit garçon s’alliait souvent à ses jeux. Elle en était terriblement amoureuse, mais, à chaque fois qu’elle voulait lui parler de ses sentiments, il faisait mine de l’ignorer. Un jour, il disparut. Personne n’informa la petite sur les motifs de ce départ. Son absence n’empêcha pas l’amour de la petite fille de s’épanouir avec elle. En grandissant la petite fille, qui devint une jeune femme, apprit les raisons pour lesquelles personne ne répondait à ses attentes. Elle sut aussi que l’amour est le plus cruel de tous les sentiments.


Epuisée d’aimer un fantôme, de courir après une ombre, elle se construisit un merveilleux palais de verre orné de pierre précieuse le tout soutenu par une structure en fine ferronnerie si légère que le château de cette belle semblait flotter au milieu d’un luxueux jardin romantique. Cette superbe propriété est entourée d’un épais et très haut mur de pierre et d’acier rendant impossible l’accès à la demeure de la jeune fille. Cette dernière avait même supprimé toutes les portes pour ne laisser vraiment aucun espoir à qui quiconque l’assaillerait. De l’extérieur, on ne voit donc que l’enceinte et les trois tours qui s’élèvent dans le ciel tel des flèches.


La jeune fille appréciait se rendre justement dans l’une d’elle pour voir la beauté du monde extérieur. Elle adorait regarder vivre les gens, voir comment ils s’attirent, comment ils s’aiment, comment ils se déchirent. Tout ce monde qui lui était si étranger la fasciner. De temps à autre elle intervenait dans la vie de ces « gens du dehors » comme elle aimait à les appeler. Le plaisir d’aider anonymement ces personnes la comblait de bonheur.


Elle était donc seule dans un château féerique entouré d’un rempart inviolable qui l’empêchait de sortir et quiconque d’entrer, et malgré tout cela elle était heureuse ; seule mais heureuse. Prisonnière de sa propre volonté, elle vivait enchantée de son sort car c’est elle qui l’avait choisi ainsi. Ce mode de vie la contentait parfaitement. De temps à autre, certains princes et autres aventuriers perdus dans cette contrée crurent réussir à entamer le mur. Ils s’y cassèrent tous les dents dessus. Du haut de l’une de ses tours, elle s’amusait à les voir faire.


Pourtant, un jour, un prince venu de plus loin encore que tous les autres changea la donne. Il n’avait jamais entendu parler de cette histoire. Il l’a connu simplement. Un jour qu’il passait dans la région, il attacha son cheval à un arbre tout près de la muraille. Il leva la tête et aperçu la prisonnière dans sa tour. Elle riait et le son de sa voix ressemblait au clapotement de l’eau d’une cascade. Il en tomba follement amoureux. Il voulut donc passer cette immense muraille. Pour ce faire, il commença par attirer son attention en lui parlant. Le contact s’établit assez aisément, mais pour autant, elle ne lui donna pas la solution pour la rejoindre. Il décida donc de passer à l’action en attaquant directement la muraille.


Comme tous ces prédécesseurs, il eut beau usé de toutes les ruses et techniques de combat qu’il connaissait, il ne parvient pas même à entamer le mur. Après plusieurs échecs répétés, il comprit qu’il avait affaire à une enceinte magique qui ne dépendait ni de la garde d’un dragon, ni de l’ensorcellement d’un magicien ou d’une sorcière. Il réalisa que ces remparts dépendaient uniquement de la volonté de la jeune fille prisonnière. Alors, le prince réfléchit sous son arbre durant trois longs jours et trois longues nuits. Au matin du quatrième jour, il tenait enfin la solution. Puisque qu’il ne pouvait entrer il fallait qu’elle sorte. En fait, elle était la propre clé de l’énigme du mur.



Son plan était simple. Ayant vu l’intérêt de la jeune fille pour le monde extérieur, il décida de s’attaquer aux personnes qu’elle aimait tant aider. Il pensait ainsi quand la rendant folle furieuse, elle déciderait d’elle-même de sortir de son palais. Dans ce seul but, il brûla une partie de la forêt avoisinante et commença à s’en prendre aux habitants. La réponse de la jeune fille ne se fit pas attendre.


Du haut de sa tour, la vue de toutes ces horreurs la rendit folle de colère. Elle dévala les escaliers en courant, sortit du château, traversa le jardin. Elle fulminait tant que, lorsque sa main se posa sur le mur, il vola en éclat. Une fois libre elle se jeta sur le prince et le mis à terre. Ce dernier se releva aussi sec, lui fit face et… lui sourit. Elle ne comprenait pas son attitude. Pourquoi souriait-il de la sorte ? Quel type de monstre pouvait bien se cacher dernier un tel visage d’ange ? Elle ne savait plus que faire devant la satisfaction de son adversaire. Elle ignorait qu’il était lui aussi dotait de quelques pouvoirs magiques. Devant les éclairs qu’elle lui envoyait au travers de ses yeux, il estima que le moment était venu d’apaiser sa bien aimé. Il claqua soudainement des doigts et tous ses méfaits s’évanouir.


Troublée par tant de prodige, la belle ne vit pas le prince se rapprochait discrètement. Sans qu’elle s’en aperçoive, il la prit entre ses bras. Même si elle avait voulu le rejeter, elle ne pouvait le faire. Pour le prince qui voyait là un dénouement heureux, il ne faisait plus aucun doute que son rêve s’accomplissait enfin. Il allait pouvoir vivre heureux avec elle et avoir beaucoup d’enfant. Pour lui c’était inévitable. De la tenir de la sorte dans ses bras lui rassuré sur l’issu de ce conte de fée. L’hymen était proche. Ainsi, certain de ses acquis reçus, il reposa sa tête sur l’épaule de sa bien aimé et ferma les yeux pour poursuivre cette merveilleuse histoire en rêve.



Il est de notoriété public que les contes de fée n’ont qu’une durée très éphémère. Quand le jeune homme rouvrit les yeux, la vision enchanteresse qu’il attendait de retrouvait se changeait alors en véritable cauchemars. Le songe de sa vie futur s’évanouissait au contact de la réalité restituée. Quand il ouvrit les yeux le château et les jardins avaient disparu. Quand il ouvrit les yeux son tendre amour n’était plus entre ses bras qu’un souffle air. Abattu, décontenancé, le prince repris son cheval et reparti dans une nouvelle conquête.


A toi, aventurier, qui te sent plus hardi qu’un autre, retient bien ce conte. Souvient toi que lorsqu’on te dit qu’une dame se mure dans sa solitude, il faut la laisser en paix. Passe ton chemin ou soit près à en subir toutes les conséquences jusqu’à y perdre l’objet de ton désir. Il n’y a jamais d’acquis durable, même en amour.
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